Gestion du parasitisme

Pourquoi remettre en cause ses pratiques ?

Les traitements antiparasitaires sont (très) souvent réalisés par habitude, avec les mêmes produits sur les mêmes lots d’animaux… toujours aux mêmes périodes ! Les résultats obtenus sont plus ou moins satisfaisants (parfois moins que plus !) et au pire, « si ça ne leur fait pas de bien, ça ne peut pas leur faire de mal » ! Voici ce que bon nombre d’éleveur nous dit lors de nos visites ou journées de formations et qui ne peuvent nous laisser indifférents face à cette problématique qu’est la gestion du parasitisme.

En effet, outre les aspects de santé/bien-être des ovins, l’impact technique et financier de ces pratiques faites « par habitude » peut être lourd de conséquences, notamment avec l’apparition de résistances aux produits, sans parler des aspects environnementaux et de l’image portée auprès des consommateurs. Voici une première approche de la gestion des parasites…


Vivre avec le parasite … sans préjudice ! 

1. Connaître les parasites présents dans l’élevage

La première chose à faire, avant de mettre en place un traitement, est d’évaluer les parasites présents. Pour ce faire, il faudra :

Une évaluation sur les animaux :

  • Celle-ci se fera sur des prélèvements de fèces (4-5 animaux/lot), voire de sang. Ceux-ci seront transmis au laboratoire qui les analysera. Sur les fèces, seront recherchés strongles, paramphistomes, coccidies, ténia, … Alors que le sang  servira à faire une sérologie Grande Douve.
  • Règles d’usage : faire les prélèvements dans le rectum ; ne pas mélanger les fèces de plusieurs animaux ; les mettre dans un pot  stérile (de préférence).

Une évaluation des risques présents dans chaque pâture :

  • S’il y a des zones humides (joncs, résurgence de sources, endroits toujours humides/mouillés …), les animaux pâturant dans ces parcelles peuvent être infestés par la Grande Douve (et par des paramphistomes => dans le rumen)

=> PAS DE ZONE HUMIDE = PAS DE GRANDE DOUVE car besoin d’un escargot aquatique pour se transmettre (hôte intermédiaire) !

  • S’il y a des zones sèches (coteaux, vergers, plateaux calcaires…) dans ce cas, le risque est plutôt représenté par la Petite Douve (besoin de 2 hôtes intermédiaires – 1 escargot et 1 fourmi – pour se transmettre).

=> PAS DE ZONE SÈCHE = PAS DE PETITE DOUVE !

  • Si vous avez eu des retours d’abattoirs avec la mention « foie douvé », le risque est présent ! Reste à savoir s’il s’agit de Petite ou Grande Douve… (produits de traitement différents).


→ Les résultats du laboratoire ET vos connaissances des pâtures permettront de décider s’il est nécessaire de traiter ou non, et le cas échéant, avec quels produits. Demandez conseil à votre vétérinaire !

Le GDS, le laboratoire et les vétérinaires se mobilisent pour vous guider dans vos choix et vous accompagner à poser un diagnostic grâce aux analyses sanguines et coproscopies possibles à des tarifs préférentiels pour les éleveurs adhérents à la section ovine

2. Évaluer l’intérêt de traiter

Il est important de comprendre que chaque parasite se gère différemment ! Ainsi on traitera contre les Douves plutôt à la rentrée (= pour « nettoyer » le foie des animaux infestés) alors qu’il pourra être nécessaire de traiter 1 à 2 fois en période de pâture des lots d’animaux très infestés par les strongles ! En effet l’immunité développée par les ovins contre les strongles est très insuffisante (à l’inverse des bovins) et nécessite 1 à 2 traitements par an y compris pour des adultes !

Par ailleurs, au-delà des parasites, on s’intéressera aux catégories d’animaux : les agneaux sont plus sensibles à certains parasites (= ténia, coccidies) que les adultes. Certains traitements sur les jeunes pourront donc être indispensables alors que pour les adultes, ils seront inutiles.

Enfin, quelques traitements vont permettre aux animaux d’éliminer des oeufs ou larves de parasites qui risquent eux-mêmes de recontaminer les pâtures, d’où des précautions à prendre lors du traitement !
Exemple du ténia : bloquer les agneaux 24 heures dans un enclos, après traitement, pour ne pas disséminer les oeufs dans la pâture !

→ Une bonne connaissance des parasites est donc nécessaire afin de comprendre comment et pourquoi traiter.

3. Traiter correctement pour ne pas induire de résistance

Dans de nombreux cas d’inefficacité des traitements, c’est plus le mode d’application du produit qui est en jeu que le produit lui-même ! Quelques de bases à respecter scrupuleusement :

  • Ne pas sous-doser les produits administrés car les parasites non tués les plus résistants vont persister, se développer et petit à petit prendre le dessus sur les autres = ils seront donc résistants aux molécules utilisées (= résistance VRAIE) ! Pour cela il faudra :

– Ne pas sous-estimer le poids des animaux
– Tenir compte de la concentration du produit pour calculer la dose à administrer (peut varier pour un même nom commercial => attention aux changements de produits)
– Par voie orale, privilégier les faibles doses : évite la régurgitation
– Vérifier la dose restant dans le bidon à la fin du traitement du lot : celle-ci doit correspondre à ce que vous aviez calculé !

  • Varier les molécules utilisées. Pour cela, il est nécessaire de changer de produit, sur avis vétérinaire pour être certain de ne pas prendre les mêmes molécules mais sous un nom commercial différent !

A retenir

  • une bonne connaissance des parasites est nécessaire afin de comprendre comment et pourquoi traiter
  • changer de produit (nom commercial) ne signifie pas toujours changer de molécules => attention aux résistances
  • Traiter lorsque cela est nécessaire et toujours à la bonne dose (ne pas sous doser)

Voir l’article  » Traitement raisonné = efficacité » 

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