CAEV : Arthrite Encéphalite Virale Caprine

CAEV est une maladie spécifique aux caprins, contagieuse et irréversible. Il n’existe pas de traitement ni de vaccin.

Elle est issue de la même famille que le virus Maedi  Visna chez le mouton et du VIH chez l’homme. Cette maladie n’est pas transmissible à l’homme.

Quels sont les symptômes ?

  • Symptômes articulaires : arthrite chronique (de la boiterie à l’immobilisation totale), gonflement des articulations (maladie des gros genoux),
  • Symptômes mammaires : baisse de production, raccourcissement de la  lactation, mammites chronique (diminution de la quantité de lait, passe souvent inaperçue), mammites sous forme aiguë appelée « pis de bois »,
  • Symptômes respiratoire : difficultés respiratoires,
  • Symptômes nerveux : peu fréquent, entre 2 et 4 mois d’âge, entraîne une paralyse partielle ou totale.

Seul un tiers des animaux infectés développent les symptômes, la forme latente ne s’exprime qu’en conditions de stress ou état de santé dégradé.

Comment les chèvres se contaminent-elles ?

  • Par voie orale (principal mode de contamination) : ingestion de colostrum ou de lait contaminé, à la mise-bas par le léchage de la mère, …
  • Par voie mammaire : remontées dans les mamelles de gouttelettes de lait contaminées lors d’entrées d’air au moment de la traite,
  • Par voie sanguine ou respiratoire (souvent dans des élevages où l’hygiène est médiocre) : contact avec un animal ou du sang infecté (blessure, aiguille…), matériel d’injection collectif.

Quel impact sur l’exploitation ?

► Perte économique :

  • Diminution production de lait
  • Réformes prématurées
  • Coût des traitements
  • Augmentation du nombre de cellules

Comment maitriser la maladie ?

Appliquer de mesures de prévention chez les jeunes :

  • Séparer immédiatement la mère connue infectée de son cabri,
  • Ne pas laisser boire le cabri au pis, même le colostrum,
  • Ne pas laisser la mère lécher le cabri (bouchonnage et séchage par l’homme),
  • Traire le colostrum et le thermiser* avec une hygiène stricte (60 min à 56°C),
  • Distribuer du lait en poudre ou lait de mère non infectée, ou du lait thermisé*,

*Le traitement thermique est de 56°C (plus ou moins 2°C) pendant 1 heure, avec agitateur et thermostat (ou un thermiseur correctement réglé). Il permet d’inactiver le virus en préservant les capacités immunitaires du colostrum.

  • Désinfecter le cordon,
  • Placer le cabri dans un endroit propre,
  • Éviter les traumatismes des membres chez les jeunes (attraper les animaux par les pattes, pendre les chevreaux à la naissance par les pattes arrières, …)
  • Désinfecter soigneusement le matériel de bouclage.

► Appliquer de mesures de prévention chez les adultes :

  • Entretenir la machine à traire → contrôle annuel agréé
  • Changer les manchons 1 fois par an,
  • Appliquer des bonnes pratiques d’hygiène à la traite, lavage complet matin et soir,
  • Séparer les animaux positifs et négatifs pour éviter la contamination,
  • Faire passer à la salle de traite les chèvres connues négatives en sérologie avant les positives, puis désinfecter les manchons entre les deux lots,
  • Utiliser des seringue à usage unique,
  • Apporter les meilleures conditions de logement et de confort aux animaux, limiter les fatigues articulaires.

► Gérer les introductions

  • Acheter uniquement des animaux provenant d’élevages qualifiés « Indemne de CAEV »

► Réaliser un diagnostic et suivi sérologique du troupeau

Le diagnostic de groupe permet de statuer sur le degré d’atteinte du troupeau et ainsi d’adapter les mesures de gestion de la maladie.

  • Diagnostic clinique :
    • examen individuel des animaux et observation des symptômes (arthrites, atteinte des mamelles)
    • reforme préférentielle des animaux atteints
  • Diagnostic sérologique (mise en évidence des anticorps ou du virus à partir d’une prise de sang) :
    • Suivi sérologique tous les 6 mois et dès l’âge de 6 mois afin de connaître le statut des animaux donc du cheptel. Le test sérologique coûte environ 10€ (contactez le laboratoire d’analyses vétérinaires),
    • Séparation et réforme préférentielle des animaux détectés positifs

► Lutter en cas de positifs

Un protocole national de lutte existe s’appuyant sur une démarche volontaire et durable de l’éleveur. Il est coordonné par les GDS et les DD(CS)PP.

www.chevredeloraine.fr

Qualification d’élevage « Officiellement indemne de CAEV »

Actuellement, il n’est pas possible en Lorraine d’avoir cette certification car rien n’est mis en place au sein des GDS pour gérer administrativement cette qualification. C’est en revanche en cours de réflexion.

Pour information, voici un exemple de conditions appliquées dans d’autres départements pour obtenir la qualification :

  • Absence de cas clinique depuis 3 ans
  • 2 contrôles sérologiques négatifs sur animaux de plus de 12 mois, espacé de 6 à 12 mois,
  • Maintien par les contrôles sérologiques annuels négatifs,
  • Seuls les animaux provenant de ces élevages qualifiés peuvent y être introduit.
Source : GDS Cantal / Renée de Crémoux (Institut de l’Elevage) / GDS Centre / Article de Vandiest / Site officiel de l’association des Amis de la Chèvre de Lorraine / La réforme et la mortalité des chèvres : résultats nationaux